CONTRE EDITO / CONTRE ENQUETE Cinema Méliès

Melies

A lire le dernier éditorial du programme du Méliès, une nouvelle fois écrit par un élu de la majorité, on se demande dans quel ordre il faut en démentir les termes.

Commençons donc par la fin qui annonce une ouverture du nouveau Méliès à l’automne quand les travaux des salles (d’une durée d’un an) n’ont toujours pas commencé !

Puis, par la posture de victime dans laquelle se place Madame la Maire, soit-disant « obligée » de porter plainte contre des agents municipaux, mais « qui souffre » et se dit « insultée » (sans qu’on sache ni où ni par qui); qui se présente elle-même, en « épicière sordide qui ne comprend rien à la culture », après s’être appellée « Mère Thénardier » dans le Monde. Rhétorique qui consiste à faire passer le maltraitant pour la victime !

Qui a engagé une « croisade » depuis plus d’un an contre le Méliès et son directeur artistique, accusé cette année d’être dangereux, maltraitant, corrompu, voleur ou pourvoyeur de drogues ? Qui est diffamé et insulté ici ?

Qui ose écrire ? « Je garde le silence depuis le début de l’affaire » quand un communiqué de presse a été envoyé à toutes les rédactions aussitôt les 3 agents suspendus, quand de nombreux témoignages apportés lors de l’enquête administrative ont été divulgués, revus, interprétés et corrigés, au conseil municipal, dans la presse, sur France 3, dans les réseaux et maintenant en éditorial du programme ?

Non, il n’y a pas d’irrégularité dans la gestion des séances scolaires et des abonnements. Les agents mis en cause sont en train de le prouver. Pourquoi avoir attendu 6 semaines avant de les interroger à ce sujet alors même que cette accusation a été rendue publique, dans le Parisien, au bout de trois jours ? Votre « silence » n’était alors pas particulièrement assourdissant. Non, la gestion des exonérations n’a jamais soulevé aucun questionnement, avant que vous n’éprouviez le besoin d’en nourrir cette enquête.

Au fil du temps et des discours, les accusations tombent pourtant peu à peu. Aujourd’hui, il n’y a plus de mention d’achat de drogues. Bizarre… Car si cela est vrai, c’est très grave et doit être dénoncé haut et fort. Alors, si vous ne reprenez pas cette accusation dans votre éditorial, Madame la maire, c’est peut-être parce que vous savez pertinemment que cela est faux, comme lorsque vous avez parlé de « détournement de fonds », d’ « enrichissement personnel » avant de vous rétracter. « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose… »

Un autre exemple : au sujet des séances non commerciales, vous écrivez le 19 décembre à vos réseaux, que le mécanisme comptable incriminé a commencé « dès la municipalisation, sans comptabilité ». L’équipe précise que le mécanisme de cette deuxième caisse était déjà le même du temps de l’association. Donc ceux qui ont géré la transition n’ont pas remis en cause cette pratique antérieure qu’il faut corriger aujourd’hui. Dont acte.

Cependant, vous réalisez alors que cela renvoie à votre propre élu à la culture et au budget. Directeur de l’action culturelle en 2002, il a mis en oeuvre la transition entre le cinéma assocatif et le cinéma municipal. Il connaissait donc fort bien l’existence de ces « désormais célèbres séances non commerciales » et n’a pourtant jamais demandé la création d’une ligne budgétaire spécifique. Ce qui vous amène à une nouvelle version, le lendemain, au conseil municipal : les actuelles procédures d’encaissement de cet argent au Trésor Public auraient été mises en place entre 2004 et 2005, donc après le départ de votre élu.

Un dernier exemple : qu’en est-il des fonctions de Stéphane Goudet ? Voilà ce qu’écrivaient à ce propos les élus de la majorité, il y a 9 mois : « Loin d’avoir ‘débarqué le directeur du cinéma Méliès, la maire de Montreuil, lui a précisé dans un courrier du 20 mars dernier qu’il était « maintenu dans [ses] fonctions de direction artistique, chargé du projet culturel, de la programmation et de l’animation du cinéma, selon les termes de [son] contrat initial. Aucun changement, donc, dans son contrat de travail.»

Mais en décembre, voici ce que Mme la maire écrit à ses réseaux : « Je ne tolérerai pas que celui qui a assumé les fonctions de directeur pendant dix ans se réfugie derrière ses nouvelles fonctions pour ne pas répondre clairement aux questions qui lui sont posées ». Flagrant délit de double-discours, une fois de plus.

Dans ces conditions, il est hors de question que nous acceptions le verdict d’une enquête administrative, faussée de bout en bout. Avant sa clôture, les conclusions sont déjà écrites : renvoi de Stéphane Goudet et dislocation de l’équipe rebelle du Méliès. Cela ne passera pas !

Share
Montreuil
J’ADHERE