Retraites : le Front de Gauche poursuit son action

Les députés du Front de gauche n’ont pu empêcher hier l’Assemblée Nationale d’adopter en première lecture, du fait du vote massif des députés socialistes, le projet de loi de réforme des retraites. Ce projet confirme et aggrave le recul de l’âge réel de la retraite et conduirait à une nouvelle diminution des pensions. Razzy Hammadi, pour sa part, s’est courageusement abstenu de voter contre ce mauvais coup contre les salariés.

Depuis déjà 20 ans, les réformes successives mises en place par l’UMP prolongent la durée de cotisation assortie d’une diminution de la pension par année manquante. François Hollande en rajoute encore : la durée de cotisation portée à 41,75 ans d’ici 2020 par la loi Fillon, augmenterait jusqu’à 43 ans en 2035.

Si l’âge légal de départ en retraite est maintenu à 62 ans, la possibilité concrète de partir avec une pension complète serait retardée jusqu’à 65 ans, voire plus. Les salariés qui partiraient avec moins de 172 trimestres cotisés verraient leur pension réduite.

Augmenter la durée de cotisation c’est forcer les salariés les plus âgés à travailler plus longtemps alors que le chômage des jeunes explose. Cette réforme c’est à nouveau moins de retraités et plus de chômeurs, alors que la priorité devrait aller à la réduction du chômage.

Cette réforme, dans la continuité de celles de 1993, 2003, 2007 et 2010 continuerait à appauvrir l’ensemble des retraités actuels ou à venir, et en particulier les femmes aux carrières incomplètes (temps partiel subi, précarité), les chômeurs et précaires, les jeunes (en moyenne, ils décrochent leur premier emploi à 23 ans).

Les mesures annoncées pour les femmes, comme la prise en compte du temps partiel, ne compenseraient pas les conséquences l’allongement de la durée de cotisation mis en place depuis 1973.

L’augmentation de l’espérance de vie ne saurait justifier l’obligation de cotiser plus longtemps. En effet, si l’espérance de vie a augmenté, c’est grâce à la réduction du temps de travail et à la possibilité pour tous d’avoir une retraite avant d’être usé par le travail, un progrès social permis par le l’augmentation de la richesse produite par les salariés.

Fiancer les retraites c’est possible car l’argent ne manque pas !

Mais il est réservé au patronat et aux actionnaires qui le gaspillent et l’investissent dans la spéculation plus que dans la production : chaque année sur l’ensemble de la richesse nationale, 170 milliards sont prélevés sur les salaires et pensions pour payer les dividendes versés aux actionnaires, qui n’ont jamais été aussi importants. C’est cela la cause profonde de la crise qui est loin d’être terminée.

Ce sont les politiques d’austérité, de réduction des dépenses publiques et de baisse du « coût du travail » (salaires, cotisations patronales) menées partout en Europe qui créent la récession, la destruction de millions d’emplois et la diminution des cotisations sociales. Avec la réforme Ayrault, le pouvoir d’achat des salariés serait encore entamé par l’augmentation des cotisations salariales. Pour « baisser le coût du travail », Jean-Marc Ayrault a annoncé une baisse significative des cotisations patronales finançant les allocations familiales comme contrepartie à la hausse des cotisations patronales ! Le manque à gagner serait payé par les salariés avec une augmentation de la TVA ou de la CSG.

Pour augmenter le volume des cotisations sociales et financer les retraites, le Front de Gauche propose de relancer l’emploi en réduisant le temps de travail, en augmentant salaires et minima sociaux, avec une politique audacieuse d’investissement sociale et écologique. En refusant une réforme des retraites qui contribuerait encore à aggraver l’austérité, le Front de Gauche est cohérent. Il entend poursuivre le combat avec toutes les forces qui défendent les salariés et les retraités.

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