Le féminisme selon Thérèse Clerc

Le féminisme selon Thérèse Clerc alliait l’engagement politique et le soutien concret aux femmes victimes de violences. Sa ferveur à lutter contre le sexisme et pour le droit des femmes à disposer de leur corps n’avait d’égale que son humilité à soulager les douleurs ressenties par des femmes confrontées aux exigences des hommes ou aux préjugés de notre société.

Thérèse était un puits de culture, une « savante » de l’histoire du féminisme. Mais pas seulement ! Engagée dans bien d’autres domaines, entre autres en faveur de l’égalité des droits pour les homosexuels, elle combattait sans relâche toutes ces injustices de notre quotidien qui consistent à discréditer les intérêts de certains au bénéfice d’autres.

Elle dénonçait la non-scolarisation des petites filles à travers le monde : « La discrimination des femmes est un scandale de l’histoire. Le pire est les 600 millions de femmes qui ne savent pas lire et donc, ne peuvent prendre la pilule ; elles sont un danger démographique et un danger écologique ».

Au diable les limites rigides de la langue française qu’elle maniait à ravir ; elle changeait le vocabulaire car disait-elle « Changer les mots, c’est changer l’histoire. Si nous continuons avec les mêmes mots, nous continuerons la même histoire, et nous, nous voulons changer l’histoire des femmes. Alors demain, je veux faire partie du matrimoine de l’histoire ! ».

Aujourd’hui, elle laisse des traces matérielles et intellectuelles à Montreuil en lieu et place de la Maison des Femmes, nouvellement baptisée du temps de son vivant, Maison des Femmes Thérèse Clerc. Initiatrice de ce lieu, elle fut aidée et accompagnée à l’époque par Jean-Pierre Brard et de toute son équipe. Elle souhaitait de tout cœur que cette maison soit : « Un outil de lutte mais aussi d’espérance et de joie collective ».

Parallèlement, elle imagina de nouvelles façons d’aborder la vieillesse, et lança le concept de la Maison des Babayagas, alternative à la maison de retraite : «  Maison autogérée, fondée sur la citoyenneté, la solidarité, le féminisme, la laïcité et l’écologie ». Au-delà du simple habitat, cette initiative est un réel acte politique, profondément humaniste ayant « la volonté de changer les représentations que se fait la société sur les vieux ».

Elle y créait l’université populaire pour : « Rester des nomades de l’interrogation, et ne jamais devenir des sédentaires des certitudes ».

De son « Livret des rêves », Thérèse en réalisa plusieurs qui donnèrent un sens à sa vie : « L’utopie demande des compromis avec l’existant. L’essentiel est de garder la conception de l’utopie que l’on veut ! ».

Ne se départissant jamais de son humour, jusqu’à la fin de sa vie, elle resta fidèle à ses engagements, avec brio et sensibilité.

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