Elus PS cherchent électorat populaire

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Une quinzaine de députés de la Gauche populaire rappellent François Hollande à « l’urgence sociale ». Et réclament des gestes en faveur du pouvoir d’achat. La pratique eut inspiré Audiard : « C’est curieux, chez les socialistes, ce besoin de faire des tribunes ». Il y eut en septembre les 75 députés rappelant dans « Le Monde » la promesse d’accorder le droit de vote aux étrangers. Puis en novembre, dans Mediapart, l’appel de 100 députés en faveur de la PMA pour les couples lesbiens. Ou encore, il y a trois semaines, le soutien apporté à Arnaud Montebourg, sur « Le plus du « Nouvel Obs » » par 40 élus PS. Cette fois ce sont une quinzaine de députés et élus du club la Gauche populaire qui rappellent le chef de l’Etat à « l’urgence sociale » dans les colonnes du « Parisien ». « Les couches populaires qui ont joué un rôle clef dans l’élection de François Hollande nous invitent à hiérarchiser notre action car elles attendent des réponses fortes sur le terrain du pouvoir d’achat et de l’emploi », estime le député-maire d’Argenteuil, Philippe Doucet, l’un des animateurs de la Gauche populaire avec le député d’Indre-et-Loire Laurent Baumel et l’élu francilien François Kalfon. La date de parution de cette tribune n’est pas fortuite : au lendemain des partielles perdues par la gauche et de la manifestation pour le mariage homosexuel. A leurs yeux, les scrutins de dimanche soulignent la désaffection de l’électorat populaire et des salariés des classes moyennes menacés par le décrochage social. Quant à la manifestation parisienne, fortement soutenue par le PS, elle souligne le primat accordé à la mobilisation sur les questions sociétales au détriment des questions sociales. Sans être hostiles à ces réformes (mariage gay, droit de vote des étrangers), ces élus considèrent que l’électorat de gauche est d’abord en attente de protection sociale et de signes concrets en faveur du pouvoir d’achat. Et pour cela, Philippe Doucet et ses amis exhument la promesse n° 14 de Hollande, celle d’une grande réforme fiscale « redistributive » fusionnant CSG et impôt sur le revenu. Ce clivage est finalement la poursuite du débat qui avait opposé avant la campagne présidentielle les deux think tank proches du PS : la Fondation Jean-Jaurès plaidant pour la reconquête des classes moyenne et populaire, et Terra Nova qui mettait en avant les nouveaux électorats et les minorités, dont les immigrés et les homosexuels. Ceux-là ciblaient les « bobos urbains » quand la Gauche populaire s’inquiète de l’évolution de l’électorat péri-urbain vers le vote extrême.

Tabard Guillaume, Les Echos du 18 décembre 2012
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