Séance extraordinaire du Conseil municipal de Montreuil le 20/12/2012.

CMExtraordinaire, cette séance le fut à plus d’un titre. Tout d’abord Mme la maire, nous abreuva d’un long monologue auquel les conseillers municipaux ne sont pas autorisés à répondre malgré le flot d’inexactitudes, d’omissions, d’affirmations gratuites qu’il contenait. Il est vrai que nous sommes proches de Noël et qu’il est vraisemblable que Mme Voyent ait voulu jouer le rôle d’Alice au pays des merveilles.

A propos du Coeur de ville, oublié l’arrêt du chantier pendant plus de deux ans aggravant encore les grandes difficultés des commerçants de la rue Dreyfus. Oublié le remplacement des emplois prévus avec les ressources en découlant pour la ville parce les surfaces d’activités ont été remplacées par des logements de standing en densifiant, oubliée la suppression de la crèche de la rue Gaston Lauriau avec un jardin en pleine terre par une crèche dans un univers de béton sur le toit de la construction , oubliée la suppression de l’Office franco-allemand de la jeunesse dont l’implantation  à Montreuil avait été décidée à ma demande par Jacques Chirac, Lionel Jospin et le chancelier Schröder. Mise en cause du coût de la réalisation du chantier Coeur de ville, étalé sur 20 ans et qui aura coûté 45 millions , c’est-à-dire moins du double de la piscine tropicale que Mme la maire veut imposer dans le quartier des Ruffins.

Enfin Mme la maire nous annonce l’arrivée du tram T1 suite à une décision du Syndicat des transports parisiens. Elle a simplement oublié de dire que le tracé retenu ne tient pas compte du tracé choisi par la municipalité de Noisy-le-Sec et ne se réalisera donc pas mais devra être revu pour tenir compte des projets de développement arrêtés par la municipalité de ville voisine. Persévérer sur la position actuelle, c’est choisir de fixer l’arrivée du tram à Montreuil à la Saint-Glinglin.

Hormis la longue péroraison de Mme la maire, s’est produit un grave incident, une maire-adjointe, Mme Menoundj injuriant l’un de nos collègues Alexandre Tuaillon, président du groupe Renouveau socialiste de Montreuil au Conseil municipal. Certes avec Alexandre Tuaillon, nos chemins divergèrent parfois, e, particulier à l’occasion des municipales de 2008. Néanmoins, personne ne peut contester son engagement au service de la chose publique et sa présence sur le terrain. Notre collègue , au-delà de la diversité des points de vue est unaniment respecté. Au moins l’était-il jusqu’au 20 décembre, jusqu’à l’agression de Mme Menoundj. C’est donc tout à fait normalement Alexandre Tuaillon a exigé des excuses pour l’injure dont il avait été gratifié et que rien ne saurait justifier ni au Conseil municipal, ni ailleurs. C’est alors qu’un autre maire-adjoint , M. Bassirou Barry, dans un rare accès de violence a voulu s’en prendre physiquement à Alexandre Tuaillon. A tel point que des agents municipaux de la sécurité ont été obligés de se précipiter sur lui pour le maîtriser.

Voilà à quel degré de déliquescence en est arrivée l’institution municipale à Montreuil. Jamais depuis le début de Vème République, en 1958, un tel incident ne s’est produit au sein du Conseil municipal de Montreuil. Pire encore, Mme la Maire n’a pas accepté de clore l’incident en demandant aux élus violents appartenant à la majorité de simplement présenter leurs excuses.

Tout cela constitue un véritable outrage au Conseil municipal et plus encore Montreuillois qui ont été empêchés de voir ce qui se passait, la retransmission télévisée ayant alors été interrompue sur ordre de Mme la maire .

Mais là n’est pas l’essentiel de cette séance du Conseil municipal.

En fait, la première partie de la séance a été consacrée à la situation des cinémas Méliès ou plus exactement aux accusations proférées par Mme la maire à l’égard de trois agents du cinéma, dont le directeur artistique, Stéphane Goudet, qui sont accusés, ni plus ni moins, les termes ont été utilisés par Mme Voynet de détournements de fonds et de constitution d’une caisse noire. Mme la maire a prétendu avoir découvert le 15 novembre dernier l’existence de cette fameuse « caisse noire ». Elle dit avoir saisi madame la Procureure de la République. Mais n’étant certainement pas très assurée dans la formulation de ses accusations, elle n’attend pas le début d’une enquête de police qui à ce jour n’est même pas encore commencée. Elle instruit avec violence un procès à charge : détournement de fonds et caisse noire ! Ainsi à Montreuil ne s’appliquent pas les lois de la République. La présomption d’innocence a été supprimée. On accuse, on condamne et on exécute  -les trois agents concernés sont interdits de travail- et on exécute sur la place publique !

Que se passe-t-il ? C’est la troisième attaque contre la direction des cinémas Méliès. La première avait consisté à accuser le directeur de harcèlement. Accusation vite dégonglée.  La deuxième attaque consista à accuser le directeur de « truandage » sur les marchés. Cette accusation se dégonfla tout aussi vite que la première.

A chaque fois la méthode est la même et ne concerne pas que le directeur artistique des cinémas mais plus largement les cadres supérieurs de la ville dont la maire veut se débarrasser. Accusations les plus diverses, depuis la malversation jusqu’à l’incompétence. Un objectif : ébranler , déstabiliser, humilier la personne concernée en espérant obtenir son départ. Qui ne se rappelle l’horrible sort réservé au directeur du centre communal de l’action social qui fut démis de ses fonctions sans justification plausible, harcelé jusqu’à devoir être hospitalisé. Après un temps de dépression , il entama un procès et c’est Mme Voynet qui a été condamnée. Les exemples sont hélas nombreux. La souffrance du personnel au travail est devenue tellement insupportable qu’elle a été attestée par le rapport accablant rédigé par la médecine du travail. Quelle a été la suite donnée ? Il y avait deux médecins du travail. Eux aussi ont été conduits au départ. Aujourd’hui, il reste zéro médecin du travail. Il n’y a plus de souffrance au travail ! CQFD

A noter que dans toutes ces affaires, il a été fait recours , dans des conditions de légalité tout à fait contestables à la police municipale et dans de rares conditions d’humiliation pour les agents qui ont été traités comme des délinquants.

Accusations sans preuves (qui jusqu’à nouvel ordre ne peuvent être établies que par la police judiciaire et confirmées par les magistrats), présentation de conclusions publiques avant toute enquête de police, humiliation des agents, mises en cause de l’honorabilité de fonctionnaires par l’autorité qui estsensée les protéger , telles sont les méthodes utilisées qui furent connues en d’autres et en d’autres lieux.

Toutes les personnes mises en cause ont en commun d’être connues pour leurs compétences, leur liberté d’esprit et de pensée et leur liberté de parole. Voilà ce qui est proprement insupportable !

Venons-en à cette « caisse noire ». De quoi s’agit-il ? A Montreuil comme dans des centaines de cinémas publics ou associatifs du pays, il y a une comptabilité spécifique qui permet de rassembler les recettes des séances non commerciales et qui ne relèvent donc pas du CNC, ces recettes permettant de financer des initiatives culturelles diverses.

Dans cette nouvelle attaque contre la direction du Méliès, chacun aura entendu le silence assourdissant depuis le début de « l’Affaire » du maire-adjoint chargé des affaires culturelles, qui est pourtant le premier concerné ! Pourquoi cette discrétion subite d’un élu qui d’habitude est prolixe ? Il y a une explication simple. Lors de la municipalisation du Méliès en 2001, il était directeur des affaires culturelles et à ce titre, c’est lui qui a mis en place cette comptabilité spécifique. Ainsi dès le début de « L’affaire », il savait ce qu’il en était. Il savait le pourquoi de cette comptabilité spécifique. Il a pourtant laissé instruire le procès en sorcellerie. Toute cette affaire montée me fait penser inévitablement à Jaurès lorsqu’il démonta l’ignoble accusation contre le capitaine Dreyfus. Réfléchissons. Qu’y a-t-il de plus terrible que de voir son honneur mis en cause quand on est innocent, d’être exhibé comme un horrible personnage malhonnête ou félon ? Qu’espère-t-on ? Conduire des personnes honnêtes et désemparées au suicide comme chez Renault ? Tout cela est insupportable.

Tout cela est très dommageable pour notre ville mais n’est pas dû seulement à la grave inculture de l’équipe municipale en place et qui expliquerait les comportements violents dont d’autres que le directeur artistique des Mélièes ont été également victimes. Qu’il s’agisse de l’ancienne directrice des affaires culturelles, de l’ancien directeur du conservatoire de musique et de danse ou encore de l’attitude méprisante et humiliante qu’a du subir le grand architecte international Alvaro Siza, prix Pritzker d’architecture et responsable de la conception de l’opération Coeur de ville, toujours le même comportement dépourvu de respect et de considération !

Mais tout cela ne suffit pas à expliquer la violence de l’acharnement contre Stéphane Goudet. Cet homme de qualité est aussi universitaire, unanimement reconnu dans les milieux du cinéma. Il a mis à la disposition de Montreuil un formidable carnet d’adresses permettant aux Montreuillois de rencontrer ce que le cinéma mondial compte de mieux, de plus talentueux. Stéphane Goudet a aussi une conception du rôle du service public de la culture. Il a une opinion , des valeurs quant à ce que doivent faire les autorités publiques pour que l’accès à la culture cinématographique soit le plus universel possible. Et voilà bien là où le bât blesse.

Qui sait comment la ville de Montreuil est sortie, en 2008, du conflit qui l’opposait à UGC et à MK2 qui à trois reprises m’a traïné devant les tribunaux parce que défendais nos cinémas et leur extension. Personne ne le sait ! Pourquoi ? Parce que Mme la maire pour ces discussions a refusé d’être accompagnée par son directeur général, par son directeur des affaires culturelles, par son maire-adjoint à la culture ou par le directeur des salles. Elle a tenu au tête-à-tête. Pourquoi donc ? Les conséquences ont été pourtant visibles tout de suite : l’augmentation des tarifs en particulier pour les enfants (+31%). Puis, il y eut le fameux communiqué non pas commun mais de la seule municipalité évoquant la volonté de pas provoquer des distorsions de concurrence.
Cet accord ne fut jamais finalisé dans la transparence parce que celle-ci n’aurait pas été gérable dans notre ville tellement engagée dans la bataille contre les intérêts mercantiles représentés pas UGC et MK2 et menaçant les salles municipales ou associatives.

J’affirme que le nouvelle attaque dont Stéphane Goudet et son équipe sont aujourd’hui les cibles ne sont que le triste épilogue de ces conciliabules secrets. C’est ce qui explique non seulement la violence de l’attaque contre l’équipe du Méliès mais ausi sa rapidité. Pour Mme la maire, « L’affaire doit être conclue avant l’ouverture des nouveaux Méliès. C’est tout de suite qu’elle veut envoyer Stéphane Goudet à l’Ile du Diable.

Comme les tentatives précédentes, nous ferons échouer celle-ci, plus odieuse encore que les précédentes. Pour cela, il faut tous nous y mettre. Il nous faut être solidaire de l’équipe du Méliès et de son beau travail au service de notre ville.? Avec tous les grands noms du cinéma contemporain, nous nous engageons dans cette nouvelle étape pour défendre nos Méliès. Nous ne tolérerons pas ces attaques aux motivations inavouables qui portent atteinte à l’intégrité morale de personnes que nous estimons et qui ont fait la démonstration de leur engagement au service de la chose publique.

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Montreuil, Non classé
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